Amis écrivains soyez indépendants ou sombrez avec éditeurs libraires



Chers amis écrivains, vous ne le crouez pas encore mais : soyez indépendants ou sombrez avec éditeurs libraires et distributeurs...

Notre petit monde de l’édition fonce tout droit et en joie vers le même échec que celui de la chanson. Les déclarations de ses sommités rappellent celles de leurs chers confrères musicaux quand se proclamaient des propos péremptoires du genre : jamais un internaute n’écoutera de la (bonne et vraie) musique sur le net, jamais un producteur n’ira découvrir sur le net un petit groupe fier de son petit site perso, le public est très très attaché au beau CD...

Ainsi le livre en bon vieux papier leur semble quasi éternel ! Et c’est juste pour satisfaire des industriels et occuper « une niche » si certains éditeurs suivent Sony et son eReader PRS-505...
S’ils croyaient VRAIMENT aux livres numériques ils ne commettraient quand même l’erreur d’ « offrir un rabais de 10% sur les livres numériques par rapport aux livres imprimés.» (Arnaud Nourry, le patron de Hachette Livres, partenaire de Sony et la Fnac dans l’opération « reader »)
Ainsi les tenants du modernisme devraient payer leur snobisme au prix fort : TROIS CENTS euros pour le lecteur et 10% de remise seulement sur le livre... En considérant des livres à vingt euros, qui passent ainsi à dix-huit, après 150 livres l’acheteur a amorti son appareil !... à 20 livres par an, dans 8 ans le Reader fonctionnera peut-être encore... Mais non, cet objet s’adresse aux très gros lecteurs voyageurs... une petite niche snob quoi...

Pourtant le livre numérique est NOTRE AVENIR. Cette initiative, tellement plombée de sous-entendus, ne doit pas nous décevoir : tout ce qui fera parler du livre numérique est bon... et dès que quelques exemplaires auront été achetés, ils se retrouveront rapidement sur les sites d’échanges de livres qui ne vont pas manquer de fleurir, pendants des sites musicaux. Et tout s’emballera ! Quant au lecteur de ces fichiers en format PDF, il existe déjà, il est gratuit : le lecteur de fichiers PDF, présent sur la majorité des ordinateurs ou téléchargeable légalement gratuitement.
Comme dans la filière musicale, le gratuit va plomber les ventes de livres... de la faute des installés obnubilés par le maintien de leur petit commerce sans réfléchir aux conséquences du numérique... L’acheteur potentiel n’est pas dupe : le livre comme le CD permettent à des filières de très bien vivre et aux créateurs de survivre avec des miettes (avec naturellement quelques têtes de gondoles vers lesquels les micros se tendent – ainsi il est risible d’entendre Pascal Obispo assimiler le téléchargement illégal à un « assassinat de la culture »... son succès, voulu par les industriels de la musique, fut sûrement plus préjudiciable à une certaine idée de la culture...)
Merci Sony : il faut habituer les lecteurs au numérique ! Ensuite, les sommités s’évanouiront dans les souvenirs de l’Histoire avec leurs raisonnements préfabriqués...

Les écrivains se retrouvent face au même dilemme que les auteurs compositeurs interprètes au début des années 2000 (presque dix ans déjà et peu d'expérience !) : rester sur le même bateau que les industriels (donc s’enrichir encore un peu pour les mieux lotis et un jour couler) ou penser, réorganiser toute le filière, se la réapproprier.
Les auteurs, compositeurs et interprètes ont perdu le combat en restant figés dans le giron producteurs-sacem, une sacem depuis longtemps liée aux industriels par un tour de passe-passe où sur plus de 120 000 membres, le pouvoir est accaparé par les membres « professionnels » et « définitifs », à peine 4000, une oligarchie inféodée aux majors qui prétend représenter l’ensemble de la profession. Les autres sont sollicités pour signer des pétitions « pour le droit d’auteur ». Pour pérenniser les privilèges d’une minorité ! Ainsi la sacem a souhaité l’instauration d’une « offre payante »... où comme dans la filière du disque physique les créateurs reçoivent des clopinettes... (sept centimes par téléchargement selon les derniers chiffres) Naturellement, cette « offre payante », contrôlée par les mêmes intermédiaires, malgré les clopinettes reversées aux créateurs, continue à facturer la musique à un tarif démesuré.

Livres comme musique : les citoyens ont enfin assimilé l’indécence des prix exorbitants exigés et refusent ce paiement dont le partage est loin d’être équitable. Ce sera donc un tarif raisonnable ou le gratuit !
Alors, quelle perspective pour les écrivains ? Qui va oser larguer imprimeur, éditeur, distributeur, libraires, pour vendre son prochain roman en numérique à cinq euros, directement sur son site ?
Soyez indépendant ou disparaissez avec éditeurs, libraires, distributeurs. N’attendez rien des politiques : des collectivités locales continuent à subventionner des installations de librairies et des éditeurs « papier ». Comme en son temps le papyrus, le livre dos carré collé a trouvé plus pratique et moins cher : le livre numérique, qui peut descendre à cinq euros comme prix de référence (même avec 19.6 % de TVA) et GRATUIT quand il s’agit des classiques « libres de droits », tombés dans le domaine public.
Malheureusement, comme pour la musique, aucun débat raisonnable ne peut s’instaurer : les médias sont scotchés dans le schéma de pensée des industriels et leur opposition créateurs - téléchargement illégal... Les mêmes arguments arrivent du monde littéraire officiel... où des pantins soutiennent les industriels du livre comme des chanteurs reprenaient le couplet des majors et de la sacem se tenant par la barbichette pour maintenir leurs marges et nous entraînant dans une impasse.
Même la gratuité des versions numériques des classiques semble scandaleuse dans le microcosme du livre, « il ne faut pas que ces livres deviennent gratuits. On pourrait imaginer une prolongation du paiement du droit d’auteur et que ces revenus reviennent à une sorte de caisse centrale des écrivains. » (Régis Jauffret, écrivain, lors d’un débat sur le livre numérique organisé par le « conseil permanent des écrivains », en mai 2009)

Pourtant : édition comme chanson, les sommes disponibles ne permettent plus aux créateurs de nourrir des intermédiaires qui plus est devenu peu utiles depuis les possibilités du web...


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- le 30 novembre 2009 à 12 : 13
par Véro : Et pourtant, les livres comme musique, certains continuent à payer des prix exorbitants pour ce qui est promu
Véro



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